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Journée Mondiale de l’Ostéoporose : la PR augmente le risque d’ostéoporose

Dernière modification le 22 octobre 2012 , par Jean-Noë l - Redacteur

L’existence d’une déminéralisation osseuse localisée àcertains membres au cours de la polyarthrite rhumatoïde (PR) est connue de longue date. Certaines données suggèrent que devant un rhumatisme inflammatoire débutant cette déminéralisation osseuse évaluée par la densitométrie osseuse pourrait être un élément susceptible de prédire l’évolution vers une PR dà»ment authentifiée. De même chez un sujet ayant une PR les modifications de la densité osseuse de certains os apparaissent plus précocement que celles observées àl’aide de radiographies standard.


Malgré le caractère très hétérogène de cette pathologie, les données s’accumulent progressivement au fil du temps pour indiquer qu’il existe également une déminéralisation osseuse généralisée. Celle-ci prédomine au niveau de l’extrémité supérieure du fémur. Les données concernant l’incident fracturaire au cours de la PR sont plus limitées. Elles font cependant état d’une augmentation et globalement d’un doublement du risque fracturaire. Le siège de ces fractures laisse entendre qu’il s’agit bien de fractures ostéoporotiques. La complexité de l’évaluation du retentissement osseux réside aussi dans le fait que les patients reçoivent dans la majorité des études publiées des thérapeutiques dont certaines peuvent aussi influer sur le métabolisme osseux. C’est le cas notamment des corticoïdes. De ce point de vue là les résultats sont assez contradictoires. Pour certains comme dans l’ensemble des pathologies, la corticothérapie exerce un effet délétère d’un point de vue osseux. Pour d’autres l’effet anti- inflammatoire des corticoïdes semble compenser leur toxicité osseuse.

Les facteurs à l’origine d’un retentissement osseux de la PR sont pour certains identiques à ceux rencontrés au cours de l’ostéoporose tout venant. C’est le cas notamment de l’âge, de l’âge de la ménopause, de l’indice de masse corporelle... Des facteurs spécifiquement inhérents à la PR sont également à prendre en considération comme l’importance de la destruction articulaire, l’activité de la maladie et la durée d’évolution de la PR. Des études récentes suggèrent également qu’il existe une relation bilatérale entre la destruction ostéo-articulaire et l’ostéoporose généralisée.

D’un point de vue thérapeutique, les anticorps anti-TNF exercent un effet protecteur d’un point de vue osseux du moins en ce qui concerne les données densitométriques et l’évolution du taux des marqueurs du remodelage osseux. Peu de travaux spécifiques (traitements anti-ostéoporotiques) sont disponibles dans cette population et les publications les plus nombreuses concernent les bisphosphonates. Dans la mesure où les patients atteints de PR sont particulièrement à risque, les seuils d’intervention thérapeutique pourraient être plus stricts qu’au cours de l’ostéoporose post- ménopausique.

Comment peut-on se rendre compte que l’on a une ostéoporose ?
L’ostéoporose est classiquement indolore… en l’absence de fracture. Deux grandes circonstances amènent à découvrir l’ostéoporose :

1/ La survenue d’une fracture est une circonstance classique de découverte. Les fractures peuvent siéger soit à la colonne vertébrale (c’est le tassement vertébral), soit sur les os périphériques (fracture du col fémoral, fracture du poignet …). Ces fractures peuvent survenir en l’absence de tout traumatisme. C’est le cas des tassements vertébraux qui se manifestent par des douleurs de la colonne vertébrale, de siège dorsal ou lombaire. Les polyarthrites rhumatoïdes doivent y penser d’autant que la Polyarthrite rhumatoïde ne touche pas la colonne lombaire et dorsale. Il s’agit habituellement d’une douleur aiguë, brutale mais parfois la douleur est modérée et progressive. Les fractures peuvent survenir à la suite d’un traumatisme minime : chute de sa hauteur. Cette circonstance est fréquente chez les patients atteints d’une polyarthrite rhumatoïde qui peuvent avoir des problèmes de déambulation en rapport avec l’atteinte articulaire des membres inférieurs et qui sont donc exposés aux risques de chute.

2/ Le dépistage de l’ostéoporose par une densitométrie osseuse devient une circonstance de découverte de plus en plus fréquente. Elle offre l’avantage de dépister l’ostéoporose avant que les fractures ne surviennent. Elle permet la mise en route précoce d’un traitement dont le but sera de renforcer la solidité osseuse et donc de prévenir la survenue des fractures. La densitométrie osseuse est maintenant une méthode fiable, reproductible et avec une faible exposition des patients aux radiations. Elle permet de mesurer la densité osseuse des os et de diagnostiquer une ostéoporose même en l’absence de toute fracture. Elle permet de suivre l’efficacité d’un traitement de l’ostéoporose à condition de savoir respecter le délai de un à deux ans entre deux examens. Elle n’est pas prise en charge par la Sécurité Sociale.

Pourquoi les polyarthrites rhumatoïdes sont-elles exposées au risque d’ostéoporose ?
Les causes d’ostéoporose sont multiples et beaucoup d’entre elles sont trouvées chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde.

1/ La ménopause : Toutes les femmes, avec ou sans polyarthrite rhumatoïde, ont un risque d’ostéoporose à la ménopause. La carence en hormones sexuelles accentue la vitesse de la perte osseuse, responsable de l’ostéoporose post-ménopausique.

2/ L’immobilisation : L’alitement prolongé favorise la perte osseuse. A l’inverse, l’activité, le mouvement, l’entretien musculaire permettent une augmentation de la masse osseuse.

3/ La carence alimentation en calcium : L’apport quotidien du calcium dans l’alimentation intervient très tôt dans la qualité de l’os au cours de l’enfance. Chaque personne constitue son stock d’os qui est maximum vers l’âge de 20 à 25 ans. Il existe ensuite une perte de la masse osseuse qui est lente et progressive avec les années. Toute carence alimentaire en calcium augmente cette perte osseuse.

4/ Le tabac : Il augmente la perte osseuse.

5/ La cortisone : Elle freine la formation de l’os et diminue l’absorption du calcium par le tube digestif. Cette action est directement proportionnelle à la dose de cortisone prise chaque jour. Les infiltrations articulaires de corticoïdes favorisent également l’ostéoporose si ces infiltrations sont répétées souvent (tous les mois ou tous les deux mois).

6/ Les troubles de la thyroïde : L’excès d’hormones thyroïdiennes accélère la résorption osseuse. Cet excès peut être en rapport avec une hyperthyroïdie ou avec des doses excessives d’hormones thyroïdiennes prescrites pour un fonctionnement insuffisant de la thyroïde.

7/ L’inflammation générale favorise aussi la destruction osseuse.

8/ Autres causes : D’autres situations peuvent favoriser l’ostéoporose : l’hyperparathyroïdie (fonctionnement exagéré des glandes parathyroïdes) ou la fuite urinaire en calcium (hypercalciurie).

La découverte d’une ostéoporose nécessite-t’elle de faire un bilan ? Même si la polyarthrite rhumatoïde constitue une situation évidente favorisant la survenue d’une ostéoporose, un bilan est toujours nécessaire au début pour s’assurer qu’il n’existe pas une autre cause, indépendante de la PR, à l’origine de cette décalcification. Ce bilan doit comporter une étude du calcium et du phosphore dans le sang et dans les urines. Il peut éventuellement être complété par des dosages hormonaux.

Peut-on prévenir la survenue d’une ostéoporose au cours de la polyarthrite rhumatoïde ?
L’ostéoporose peut et doit être prévenue au cours de la PR. Les mesures à prendre sont multiples :

1/ Il faut penser chez les patients à risque à dépister l’ostéoporose par la densitométrie osseuse et ne pas attendre l’arrivée des fractures. 2/ Il faut garder de bons apports alimentaires en calcium. Certains ont proposé des régimes alimentaires d’exclusion pour traiter la PR. Ces régimes n’ont pas montré leur réelle efficacité mais ils exposent parfois les patients à des risques de carence en calcium et donc d’ostéoporose. Un apport supplémentaire en calcium (au moins un gramme par jour) et en vitamine D doit être envisagé chez les patients décalcifiés. 3/ L’entretien musculaire est à conseiller, l’usage du tabac est à déconseiller. 4/ Au moment de la ménopause, un traitement hormonal de substitution doit être envisagé. En collaboration avec la gynécologue, un bilan sera réalisé pour éliminer toutes les contre-indications à l’usage des hormones : antécédents d’embolie pulmonaire ou de phlébite, anomalies des lipides, antécédents de cancer du sein, pathologie mammaire … Un examen gynécologique et une mammographie devront ensuite être régulièrement répétés. La polyarthrite rhumatoïde n’est pas une contre-indication à l’utilisation du traitement hormonal substitutif. 5/ La cortisone doit être utilisée à bon escient : ni trop, ni trop peu. Si une corticothérapie au long court est décidée, elle doit être accompagnée d’une supplémentation du régime alimentaire en calcium, de façon systématique. 6/ Tout traitement hormonal thyroïdien doit être parfaitement adapté et régulièrement contrôlé.

Peut-on traiter l’ostéoporose au cours de la polyarthrite rhumatoïde ?
Nous possédons des médicaments actifs pour traiter l’ostéoporose, médicaments capables de faire remonter la densité osseuse et de diminuer le risque de fracture (sans cependant l’annuler totalement). Consultez votre rhumatologue pour la mise en place de ses traitements.

LEs trucs et astuces pour la PR

Trucs & Astuces

Plus d’informations :
Groupe d’Etudes et d’Information sur les OsteÌ oporoses (Grio) :
http://www.grio.org
Association Française de Lutte Anti-Rhumatismale (Aflar) :
http://www.aflar.org
Groupe Facebook :
http://www.facebook.com/groups/luttons.contre.osteoporose/

Signez le manifeste de l’AFLAR "Ostéoporose Pas d’accord" : http://www.osteoporosepasdaccord.org