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DOSSIER HÉRÉDITÉ, GÉNÉTIQUE & GROSSESSE

Dernière modification le 31 juillet 2012 , par Jean-Noë l - Redacteur

Extrait du Poster du Congrès ANDAR Lille 2011 - Dr Jean-David COHEN, Rhumatologue, CHU Lapeyronnie, Montpellier/ Sonia CHIROL Remerciements : Pr B. Combe, CHU Lapeyronie - Montpellier et Dr S. Lassoued, CHG J. Rougier - Cahors


La polyarthrite rhumatoïde est-elle une maladie héréditaire ?


C’est une maladie multifactorielle. Cela signifie qu’un ensemble de facteurs de risque, aussi bien génétiques qu’environnementaux, contribue à l’apparition de la maladie.

Les facteurs génétiques, à eux seuls ne suffisent pas. Ce n’est donc pas une maladie que l’on peut qualifier d’héréditaire.

Existe t’il un gène majeur ?

Le français Jean Dausset (Prix Nobel) a découvert un système majeur appelé HLA (Human Leucocyte Antigens) qui est caractéristique du système de dé- fense contre les agressions. L’étude de familles de patients et du système HLA a permis d’isoler certaines portions de chromosomes pouvant influencer le risque et l’évolution d’une polyarthrite. En 1998, L’European Consortium on RA Families (ECRAF) conclue qu’il n’existe pas de gène majeur. La polyarthrite rhumatoïde n’est pas une maladie monogénique.

Quels sont les gènes déterminants ?

Il existe ainsi plusieurs gènes candidats à l’apparition d’une PR. En 1978, le gène HLA-DR1 est découvert. Avec le HLA-DR4, le PTPN22, le C5-TRAF1, TNNFAIP3-OLIG3 et le STAT4, ils forment la liste des gènes de susceptibilité. 70 à 75% des sujets atteints de PR possèdent le variant HLA-DR4, alors que celui-ci n’est présent que chez 30% des sujets sains. Le variant HLA-DR4 n’est ni nécessaire au déclenchement de la maladie, ni suffisant, mais peut représenter un facteur de risque. Au contraire, le variant HLA-DR2 semble protecteur contre le risque de développer une PR.

La PR est-elle transmissible ?

Dans 90 % des cas, la polyarthrite rhumatoïde apparaît dans des familles apparemment indemnes de toute PR. La fréquence passe de 0,2 à 1% dans la population générale à 2 à 12% pour un apparenté au 1er degré (père, mère).

Quelle est la part de la génétique dans le déterminisme de la PR ?

Soixante pour cent (60%). 40% sont déterminés par les facteurs environnementaux. Comme les infections, toxines, stress, hormones... il a été mis en évidence un rôle déterminant du tabac dans le déclenchement de la PR et sa sévérité. C’est en effet, un facteur de prédisposition et un facteur de mauvais pronostic. Le tabac induit également une mauvaise réponse au traitement. Il existe des facteurs génétiques péjoratifs de sévérité. Par exemple, certains sont associés à des PR plus érosives.

J’ai une PR, faut-il que je conseille à mes enfants de faire une recherche génétique ?


Non, à ce jour cette information n’a pas d’intérêt. La prédominance des facteurs environnementaux étant bien établie, la présence d’un des gènes de susceptibilité ne donnerait qu’une information statistique théorique (augmentation du risque). La Haute Autorité de Santé (HAS) ne recommande pas son utilisation. Il n’existe pas de traitement à proprement dit préventif. Et le conseil à retenir est d’éviter le tabac. Le tabac participe au déclenchement et à l’activité de la PR via la citrullination de protéines chez les porteurs de l’épi- tope partagé (HLA).

Quel est l’intérêt de la recherche génétique ?


Cela permet de mieux comprendre les mécanismes de la PR et des autres ma- ladies auto-immunes, et dans le futur, de mieux cibler le traitement utilisé pour un patient donné mais aussi de dé- terminer très tôt la sévérité potentielle de la polyarthrite.

Avoir un enfant, c’est possible ?

Il n’y a pas de preuve d’hypofertilité dans la PR. On observe plus de césariennes et un poids de naissance plus faible si la maladie est active au 3e tri- mestre. Certaines études ont démontré qu’il pouvait y avoir une aggravation des synovites en cas d’allaitement.

On parle d’une amélioration pendant la grossesse. Est-ce vrai ?


Dans 50 à 70% des cas, on observe une amélioration de la maladie. La PR redevient active le plus souvent 6 à 12 semaines après l’accouchement. Existe-t-il un lien entre la grossesse et l’apparition de la PR ?
Il est établi que certaines cellules fœtales peuvent persister dans la circulation maternelle pendant de nombreuses années après la grossesse et donner ainsi lieu au microchimérisme fœtal. De nombreuses études ont en effet mis en évidence la présence de cellules microchimériques dans certains tissus maternels de mères atteintes de pathologies diverses et la principale interrogation est de déterminer le rôle pathologique de ces cellules microchimériques. Par ailleurs, au 3e trimestre de la grossesse, le passage foeto-maternel de ces cellules est important et peut induire une réaction auto-immune, favorisant ainsi l’apparition d’une maladie autoimmune après l’accouchement.