Les Antennes locales ANDAR

Comment contacter nos nombreuses antennes locales à votre disposition ?

Antenne locale

 Actualités

La corticothérapie dans la polyarthrite rhumatoïde

Dernière modification le 27 octobre 2012 , par Jean-Noë l - Redacteur

Dans plusieurs villes, l’ANDAR organise des réunions d’information avec l’intervention d’experts dans le cadre de son action « La PR en tandem  », soutenue par BMS. Ces sessions sont l’occasion d’échanges entre médecins et patients, au sujet de la maladie et de son impact sur la vie quotidienne. Quatre thèmes ont été préparés par des rhumatologues pour être ensuite utilisés comme base par les intervenants : Les risques cardio-vasculaires, l’Education thérapeutique et la prise en charge pluridisciplinaire, les facteurs déclenchants et la cortisone...


Les corticoïdes sont des dérivés du cortisol, une hormone naturelle produite par les glandes surrénales (situées au-dessus des reins) et douée de propriétés anti-inflammatoire. Les corticoïdes, encore appelés corticostéroïdes, peuvent être prescrits aux patients atteints de polyarthrite rhumatoïde, après confirmation du diagnostic, en association avec un traitement de fond.

Les corticoïdes sont-ils efficaces dans la prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde ?

Les corticoïdes offrent des résultats intéressants dans la prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde : ils permettent en effet d’agir en quelques jours sur la douleur et l’inflammation. Leur administration précoce au cours de la polyarthrite rhumatoïde, à petites doses, ralentit de surcroît la formation des lésions osseuses et cartilagineuses. Néanmoins, leur usage devrait idéalement s’envisager pour la durée la plus courte possible, en raison de l’augmentation du risque d’effets indésirables lors d’un usage prolongé.

A quoi servent les corticoïdes ?

Les corticoïdes sont généralement administrés par voie orale (comprimés ou gélules), à la posologie efficace la plus faible possible (pour éviter la dépendance et certains effets indésirables). Les corticoïdes sont utilisés en attendant l’efficacité d’un traitement de fond notamment, pour une durée de deux à six mois maximum. Le médecin peut aussi recourir aux corticoïdes lorsque des signes d’inflammation apparaissent ailleurs que sur les articulations. Par ailleurs, les corticoïdes peuvent être administrés en perfusion intraveineuse à fortes doses (en « bolus »), en cas de survenue d’une poussée inflammatoire. L’arrêt du traitement sera toujours réalisé en diminuant progressivement les doses.

Enfin, les corticoïdes sont parfois utilisés en traitement de fond, en cas d’échec ou de contre-indication aux autres traitements de fond.

Quels sont les risques de la corticothérapie ?

Tous les patients ne font pas l’expérience d’effets indésirables, néanmoins il importe de les connaître pour être capable de les identifier et d’en parler avec son médecin. Les effets indésirables les plus fréquents liés aux corticoïdes sont une prise de poids avec notamment un visage gonflé et une fonte musculaire, des troubles de la peau (fragilisation de la peau, acné, diminution de la cicatrisation), une diminution de la résistance aux infections, l’apparition d’une ostéoporose (fragilité osseuse augmentant le risque de fractures), l’apparition d’une cataracte ou l’aggravation d’un glaucome pré-existant (augmentation de la pression du liquide présent à l’intérieur des yeux). En outre, les corticoïdes peuvent être à l’origine de complications cardiovasculaires : apparition ou aggravation d’une hypertension artérielle ou d’un diabète de type 2, d’œdèmes périphériques (jambes ou mains gonflées), fragilisation des vaisseaux sanguins se traduisant par une augmentation de la fréquence des hématomes (« bleus ») et aggravation de l’athérosclérose (formation de plaques lipidiques à l’intérieur des artères qui peuvent causer infarctus ou AVC) surtout chez les patients obèses ou ayant un excès de cholestérol dans le sang. (intertitre) Qui est plus à risque de complication cardiovasculaire ? Les patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde ont un risque d’infarctus du myocarde (crise cardiaque) plus élevé, en termes de fréquence et de gravité, que la population générale. Les principaux facteurs de risques connus sont l’âge supérieur à 50 ans pour les hommes ou à 60 ans pour les femmes, la présence d’une hypertension artérielle ou d’un diabète de type 2 – traités ou non –, des antécédents familiaux d’angine de poitrine (angor) ou d’infarctus du myocarde précoce, le tabagisme actuel ou arrêté depuis moins de trois ans, ainsi qu’une diminution du taux de HDL-cholestérol.

Qu’est-ce que la corticodépendance ?

Les patients traités par corticoïdes développent parfois une « corticodépendance », ce qui signifie que le patient doit continuer de recevoir des corticoïdes au long cours pour ne pas réactiver la maladie. On parle habituellement de corticodépendance lorsqu’il est impossible de descendre en-deça d’une dose de 0,1 à 0,15 mg/kg/jour de corticoïdes. Dans ce cas, il faudra envisager de modifier le traitement de fond en vue de réduire les corticoïdes.

Soulager les symptômes : le choix entre AINS et corticoïdes

Les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) luttent contre l’inflammation et la douleur provoqués par la polyarthrite rhumatoïde. Les effets indésirables des AINS concernent majoritairement le système gastro-intestinal et peuvent être limités par la prise de certains médicaments (de la famille des « inhibiteurs de la pompe à protons », comme l’Inipomp ou l’oméprazole). Leurs risques (principalement gastro-intestinaux, rénaux et hépatiques) sont donc globalement plus faibles que pour les corticoïdes. Cependant, les AINS ne font que soulager les symptômes et ne ralentissent pas l’évolution de la maladie, comme peuvent le faire les corticoïdes. Leur administration ne se justifie donc que dans les phases aiguës de la maladie.

Traitement de fond renforcé : le choix entre corticoïdes et anti-TNF

Les traitements de fond visent à freiner l’évolution de la polyarthrite rhumatoïde. On utilise généralement en première intention le méthotrexate. Lorsque la maladie continue d’évoluer malgré le traitement de fond, le médecin peut y associer des médicaments anti-TNF ou des corticoïdes (en particulier en cas de corticodépendance). Les médicaments anti-TNF diminuent la résistance aux infections et nécessitent d’être vigilant en cas de fièvre ou de perte de poids par exemple.

En conclusion…

Les corticoïdes sont utiles et efficaces dans la prise en charge des symptômes de la polyarthrite rhumatoïde et dans le contrôle de son évolution. En raison du risque important d’effets indésirables en cas de traitement prolongé ou à fortes doses, les corticoïdes doivent être utilisés avec précaution, mais il serait dommage de se priver de leurs bénéfices. En effet, les corticoïdes permettent de contrôler rapidement les symptômes inflammatoires et votre douleur, et de surcroît freinent faiblement l’évolution des lésions. L’arrêt des corticoïdes doit faire l’objet d’une décision concertée avec le médecin, qui vous indiquera toujours comment diminuer progressivement les doses.

LEs trucs et astuces pour la PR

Trucs & Astuces

En pratique : • les corticoïdes peuvent être utiles pour faire face àune poussée de la PR • cependant leur utilisation doit être limitée dans le temps : seul un traitement de fond doit permettre de contrôler la PR àmoyen ou long terme • ne jamais interrompre un traitement par corticoïde du jour au lendemain : l’arrêt doit se faire progressivement, sur plusieurs jours, afin d’encourager les glandes surrénales àreprendre pleinement leur rôle dans la fabrication naturelle des corticoïdes ; sans cette réactivation, on s’expose àun syndrome de manque très désagréable, avec des douleurs abdominales, articulaires, musculaires, de la fatigue, des vertiges ou de la fièvre. Un arrêt brutal peut même mettre votre vie en danger. En effet, l’apport de corticoïdes par les médicaments entraine parfois la mise au repos total des glandes surrénales qui produisent le cortisol naturel. Lors d’un arrêt brutal, les glandes surrénales n’ont pas le temps de remettre en route une production suffisante de cortisol : c’est l’insuffisance surrénale aiguë . • de même ne jamais redémarrer un traitement par corticoïde sans demander l’avis de votre médecin !