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DOSSIER : Quels traitements aujourd’hui pour la PR ? (partie 2/2)

Dernière modification le 31 décembre 2012 , par Jean-Noë l - Redacteur

rédigé par Daphney Nasrallah, Docteur en Pharmacie, (EmPatient) d’après une présentation du Dr Thierry Billey, Rhumatologue, Cahors. Remerciements au Dr T. Billey pour son autorisation et sa validation.


Les bonnes pistes

Cibler les voies de signalisation Les voies de signalisation permettent la communication dans la cellule, via des interactions protéiques entre des messagers et des récepteurs. Plusieurs dizaines de kinases, protéines participant à la signalisation cellulaire, sont identifiées. Leurs inhibiteurs se reconnaissent par leur suffixe en –tinib. Des inhibiteurs de la JAK kinase (tofacitinib) et de la SYK kinase (fostamatinib) sont actuellement en cours de développement dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde. Ces substances permettent de diminuer la production de médiateurs de l’inflammation. Le tofacitinib fait l’objet d’une étude de phase 3 depuis 2007, qui devrait se terminer en 2015. La substance est administrée en association avec le méthotrexate après échec du méthotrexate seul ou d’un anti-TNF. Les principaux effets secondaires identifiés sont une élévation du taux de cholestérol sanguin et une diminution des globules blancs. Le fostamatinib est évalué dans une étude de phase 3 depuis 2010, chez des patients traités après échec du méthotrexate seul ou d’un anti-TNF ; les résultats préliminaires ne sont pas attendus avant 2013.

Cibler l’interleukine IL17 L’interleukine IL17 est produite par les lymphocytes Th17. Elle induit la sécrétion de substances pro-inflammatoires. Deux anticorps monoclonaux sont en cours de développement : le secukinumab utilisé en injection sous-cutanée mensuelle et le LY2439821 utilisé en injection sous-cutanée bihebdomadaire, chez des patients après échec du méthotrexate seul ou d’un anti-TNF.

Les traitements envisageables à plus long terme

La « vaccination » thérapeutique Des recherches portent actuellement sur une « vaccination » thérapeutique (c’est-à-dire non préventive) contre la polyarthrite rhumatoïde. En effet, 70 à 80% des patients atteints d’une polyarthrite rhumatoïde sont porteurs d’ACPA (anticorps anti-protéine citrullinée, encore appelés anti-CCP) dirigés contre les protéines citrullinées (considérées comme un des agents pathogènes par le système immunitaire des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde). Lors du congrès américain de rhumatologie annuel qui s’est déroulé fin 2011 à Chicago, un projet de vaccin a été présenté. Le « Rheumavax » consiste à rééduquer le système immunitaire des patients en prélevant dans leur sang des cellules immunitaires (cellules présentatrices de l’antigène) pour les exposer aux protéines citrullinées avant de les réinjecter. Ceci permet d’induire une tolérance du système immunitaire à cet antigène spécifique en stimulant les lymphocytes T régulateurs, tout en préservant les capacités de défense de l’organisme vis-à-vis des infections. Ce vaccin a fait l’objet d’une étude phase 1 pour étudier sa tolérance. Les résultats sont plutôt positifs.

Les inhibiteurs du GM-CSF Le GM-CSF (granulocyte macrophage colony stimulating factor) est un facteur de croissance des globules blancs, impliqué dans leur production, leur survie et leur activation. Ce facteur de croissance est fortement présent au niveau des articulations des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde. Son inhibition devrait donc apporter une diminution de la réponse immunitaire et de l’inflammation et constituer une nouvelle approche intéressante pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde. Un inhibiteur du GM-CSF est en cours de développement : le mavrilimumab qui se fixe au récepteur alpha du GM-CSF au niveau du monocyte, dont il provoque l’internalisation dans la cellule. Sans récepteur, le GM-CSF ne peut plus s’exprimer. Les essais cliniques semblent montrer que la tolérance est bonne.

Les dendrimères phosphorés ABP Les dendrimères sont des molécules de synthèse en forme d’arbre et de forme sphérique. Le dendrimère phosphoré ABP a la propriété de se fixer aux monocytes, qui s’activent alors vers une voie anti-inflammatoire. De plus, le dendrimère phosphoré ABP inhibe la différenciation des monocytes en ostéoclastes, stoppant la destruction du cartilage et de l’os. C’est l’ouverture d’une perspective qui devrait encourager le développement de médicaments.

La médecine personnalisée, qu’est-ce que c’est ?

Vous le lisez dans les journaux ou dans les magazines, on parle de plus en plus de « médecine personnalisée ». L’objectif est de proposer aux patients le médicament le plus adapté à leur situation personnelle, pour éviter qu’ils essaient en vain plusieurs traitements inefficaces contre la forme spécifique de leur maladie. Dans les maladies inflammatoires comme dans les cancers, les patients peuvent être structurés en groupes plus sensibles à des traitements spécifiquement dirigés contre certains marqueurs.

Concernant la polyarthrite rhumatoïde, l’efficacité des biothérapies pourrait ainsi varier en fonction de la présence d’auto-anticorps (Facteur Rhumatoïde ou Anticorps anti-protéine citrullinée) ou du taux d’immunoglobuline, en particulier les IgG.