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Polyarthrite rhumatoïde : quand d’autres maladies s’en mêlent

Dernière modification le 15 mai 2013 , par Jean-Noë l - Redacteur

Etre atteint d’une polyarthrite rhumatoïde ne dispense pas de pouvoir souffrir d’autres pathologies. Certaines maladies sont même plus fréquentes, liées àl’inflammation chronique ou encore aux traitements de la PR. Trois types de pathologies nécessitent une surveillance particulièrement attentive chez les personnes atteintes d’une PR.


Maladies cardiovasculaires

Le risque de maladies cardiovasculaires (infarctus du myocarde, angine de poitrine, thrombophlébite, accident vasculaire cérébral, etc.) est plus élevé chez les personnes atteintes de PR en raison de l’inflammation permanente, mais aussi des effets indésirables liés à l’utilisation à long terme des anti-inflammatoires non stéroïdiens et des corticoïdes. Les facteurs de risque cardiovasculaires sont notamment l’hypertension artérielle, le surpoids et l’obésité, le diabète, l’excès de cholestérol et le tabagisme. La polyarthrite rhumatoïde doit être considérée comme un facteur de risque à part entière. C’est pourquoi les personnes atteintes de PR doivent particulièrement porter attention aux mesures de prévention des maladies du cœur et des vaisseaux telles que l’arrêt du tabac, une alimentation équilibrée et la pratique d’un exercice physique régulier. Afin d’établir le profil de risque, plusieurs bilans doivent être entrepris dès le diagnostic de PR. Un bilan lipidique permet de doser dans le sang les taux de cholestérol total, de LDL-cholestérol (le « mauvais » cholestérol), de HDL-cholestérol (le « bon » cholestérol) et de triglycérides. Le cas échéant, il est recommandé d’adopter un régime anticholestérol (éviter les graisses et l’alcool, privilégier le poisson, les fruits et légumes). Un traitement médicamenteux peut également être prescrit. Par ailleurs, un bilan glucidique permet d’identifier un diabète : on dose le taux de sucre dans le sang à jeun. Au-delà de 1,26g/l (vérifié lors d’un second dosage à un autre jour), le patient est diabétique. Outre le bilan initial lors du diagnostic de PR, un bilan glucidique doit être réalisé chaque année si le patient prend des corticoïdes. D’autre part, un bilan tensionnel permet de vérifier, au moins une fois par an, que la tension artérielle du patient est bien inférieure à 140/90 mmHg. Le risque d’hypertension artérielle est plus élevé si le patient prend des corticoïdes, des anti-inflammatoires non stéroïdiens ou de l’Arava®. Par ailleurs, il est important de surveiller son poids afin de rester dans la norme (IMC entre 19 et 25) et de mettre fin à la consommation de tabac, le cas échéant.

Infections

La polyarthrite rhumatoïde entraine un risque infectieux, notamment au niveau pulmonaire et dentaire, du fait de l’inflammation chronique et des traitements utilisés. Une visite annuelle chez le dentiste permet de prévenir la survenue d’infections, via le détartrage des dents et le dépistage des caries. Au niveau pulmonaire, une radiographie du thorax sera réalisée en cas de doute. Enfin, la vaccination est un moyen simple de prévenir les infections. Les vaccins recommandés sont le DTP (diphtérie, tétanos et poliomyélite), avec un rappel tous les 10 ans, la grippe, chaque année, et le pneumocoque, tous les cinq ans. En revanche, si le traitement du patient comprend une biothérapie ou un immunosuppresseur, il ne doit pas se faire vacciner contre la fièvre jaune (obligatoire pour certains voyages) ni contre le ROR (Rubéole, Oreillons, Rougeole).

Ostéoporose

L’ostéoporose est une maladie des os qui se fragilisent et peuvent se fracturer facilement lors d’une chute, voire en l’absence de traumatisme. A titre d’exemple, les fractures de la hanche ou des vertèbres sont souvent liées à de l’ostéoporose. Cette maladie touche en majorité des femmes après la ménopause, mais pas seulement. Le risque d’ostéoporose est augmenté à la fois par les substances inflammatoires secrétées lors d’une polyarthrite rhumatoïde (qui renforcent la destruction osseuse) et par les traitements prolongés par corticoïdes. C’est pourquoi il ne faut pas hésiter à réaliser un dépistage de l’ostéoporose chez toute personne atteinte par une polyarthrite rhumatoïde, en particulier lorsqu’un traitement par corticoïdes est envisagé. Le dépistage requiert une mesure de la taille, pour déterminer si la personne s’est « tassée », et la réalisation d’une densitométrie osseuse, une sorte de radiographie qui permet d’évaluer la densité des os. Les résultats de la densitométrie osseuse sont rendus sous la forme d’un score appelé « T-score ».

En dehors de la ménopause, de la polyarthrite rhumatoïde et des corticoïdes, les facteurs de risque d’ostéoporose sont la consommation de tabac, d’alcool et de café. Pour prévenir l’ostéoporose, mieux vaut donc renoncer à ces substances. Un apport suffisant en calcium (produits laitiers, eaux minérales) et en vitamine D (supplémentation vitaminique) sont également nécessaires pour renforcer les os. De surcroît, contrairement à ce qu’on pourrait croire, une activité physique modérée mais régulière est bénéfique. La difficulté est de choisir une activité compatible avec la prévention de l’ostéoporose et la polyarthrite rhumatoïde. Bien sur, mieux vaut éviter les sports dans lesquels on risque de chuter ! L’activité physique la plus simple est la marche qui entretient les articulations et les muscles des membres inférieurs et qui améliore la solidité des os en provoquant un léger impact osseux à chaque pas.

Les cancers

Les médicaments de biothérapie utilisés en traitement de fond de la PR augmentent le risque de cancer cutané : généralement ce sont des carcinomes basocellulaires, qui sont peu sévères, mais il arrive aussi qu’il s’agisse de mélanomes, lesquels sont plus préoccupants. Quels qu’ils soient, la prise en charge des cancers de la peau doit être la plus précoce possible. C’est pourquoi les patients qui prennent ces traitements doivent se présenter à un contrôle annuel par un dermatologue, tout particulièrement s’ils ont la peau, les yeux et les cheveux clairs ou s’ils présentent de nombreux grains de beauté.

Il est très important de traiter convenablement les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde pour améliorer la qualité de vie des patients, mais aussi parce qu’une inflammation chronique peut engendrer d’autres pathologies. D’un autre côté, certains de ces médicaments rendent les patients plus vulnérables face à d’autres maladies, c’est pourquoi toutes les mesures de prévention doivent être proposées pour en limiter les conséquences. Dans le but de mieux informer sur les pathologies associées à la PR, l’Andar développe des brochures dédiées. Pour commencer, nous vous proposerons prochainement la brochure « Polyarthrite rhumatoïde et ostéoporose ».

Rédigé par Daphney Nasrallah, Docteur en Pharmacie (EmPatient), d’après une présentation du Dr Christelle Sordet, rhumatologue (CHU Strasbourg), lors du Congrès de la polyarthrite – septembre 2012, Strasbourg.

LEs trucs et astuces pour la PR

Trucs & Astuces

Densitométrie osseuse et T-score
T-score > -1 = os normal
-2,5 < T-score < -1 = ostéopénie
T-score < -2,5 = ostéoporose
T-score < -2,5 + fractures par fragilité = ostéoporose avérée