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Recommandations pour l’utilisation des biothérapies

Dernière modification le 11 septembre 2013 , par Jean-Noë l - Redacteur


La France parmi le groupe de tête. La majorité des pays européens ont établi des recommandations pour le diagnostic et le traitement, en particulier avec les biothérapies, de la PR.

En général, ces recommandations ont été produites par les sociétés savantes, telles que la Société Française de Rhumatologie (SFR). Elles n’ont donc pas de caractère officiel ou contraignant au niveau des assurances maladies. Une exception à cette règle sont l’Angleterre et, à un moindre degré, la France, où des recommandations plus officielles coexistent avec celles des sociétés savantes.

Mais alors que le document du National Institute of Clinical Excellence, responsable pour évaluer les technologies médicales pour l’Angleterre et le Pays de Galles, mais non l’écosse (NICE) définit clairement ce qui devrait ou ne devrait pas être prescrit sur le budget du Service National de Santé (NHS), les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) ne sont que théoriquement et pas formellement liées au remboursement. Ce document, qui reprend dans une large mesure les recommandations de la SFR tout en les étendant pour inclure des traitements non-médicaux et laisser une grande liberté au corps médical, présente une autre particularité : c’est un des documents élaboré avec le concours des associations de patients, il est donc probablement le plus complet en Europe.

En analysant les différentes recommandations en Europe, on s’aperçoit qu’il y a des différences importantes et ce malgré les documents consensuels émanant de l’EULAR. Les plus importantes sont celles relatives à l’utilisation des biothérapies : à quel moment, et à qui, elles peuvent être prescrites. Ces différences existent même parmi les pays de l’Europe de l’ouest qui ont une richesse nationale similaire (produit intérieur brut) et donc théoriquement la même capacité de financement.

Nombre d’études scientifiques ont démontré de manière convaincante qu’il est important de traiter la PR dès les premiers symptômes, surtout dans le cas d’une PR sévère et érosive. Dans ce cas, les premiers 3 à 6 mois sont cruciaux pour améliorer le pronostic et avoir une chance d’enrayer la maladie, en utilisant les médicaments les plus efficaces. Pourtant, en suivant certaines de ces recommandations, il n’est pas vraiment possible d’être traité par biothérapies dans les 3 ou même 6 mois. Si on ajoute aux temps de traitements avec des traitements de fond classiques (voir tableau) les délais avant la première consultation, de faire les analyses, d’être envoyé à un rhumatologue et l’évaluation de la réponse au(x) premier(s) traitement(s) non-biologique(s), il s’écoule facilement de 6 mois dans la plupart des cas.

D’où l’importance de notre travail de terrain pour faire connaître la maladie et reconnaître ses symptômes, pour raccourcir le temps qui s’écoule avant le diagnostic et une prise en charge adéquate.

Le fait que la France fasse partie du peloton de tête pour les recommandations ne veut nullement dire que tous les patients avec une PR sévère et érosive sont vraiment pris en charge à temps.

Source : P. Emery, R. Van Vollenhoven, M. Oster-gaard, E. Choy, B. Combe, W. Graninger, K. Krueger, M. Matucci-Cerinic, F. Na-varro, P. van Riel, L. Settas, S. Steinfeld. guidelines for initiation of anti-tu-mour necrosis factor therapy in rheu-matoid arthritis : similarities and differences across Europe. Annals of Rheumatic Diseases 2009