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Rôle du médecin généraliste dans la prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde

Dernière modification le 8 décembre 2013 , par Jean-Noë l - Redacteur


Le médecin généraliste a un rôle clé dans la prise en charge des patients atteints de maladie chronique. Dans la polyarthrite rhumatoïde, il est essentiel de considérer que le médecin généraliste doit participer à la précocité du diagnostic et de la prise en charge, ce qui aura un impact direct sur le pronostic de la maladie.

D’autre part, le partenariat entre le médecin de famille et le spécialiste restera indispensable tout au long du suivi de la polyarthrite rhumatoïde permettant la réalisation d’un véritable travail en binôme. Le rôle du médecin généraliste peut se concevoir à différentes étapes de la prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde : le dépistage, le diagnostic, l’initiation et l’adaptation du traitement, la surveillance et enfin la prise en charge socio- professionnelle.

1 - Le dépistage de la polyarthrite rhumatoïde

A ce niveau le médecin généraliste a un rôle clé puisque généralement c’est lui qui est consulté en premier par le patient souffrant de symptômes articulaires. Le médecin généraliste doit donc savoir dépister les symptômes qui peuvent correspondre à une polyarthrite rhumatoïde débutante et adresser au plus vite le patient chez le spécialiste rhumatologue. Ceci figure expressément dans les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) de 2007. En particulier, 3 signes principaux devront alerter le médecin généraliste et lui faire évoquer la possibilité d’une polyarthrite rhumatoïde débutante : la présence de 2 articulations gonfl ées au moins, l’atteinte des métacarpophalangiennes et des métatarsophalangiennes en particulier à la pression transverse (squeeze test) et enfin un dérouillage matinal supérieur ou égal à 30 minutes.

2 - Le diagnostic

Le médecin généraliste doit évoquer le diagnostic et donc référer au plus tôt le patient au rhumatologue mais c’est à celui-ci que revient de confirmer le diagnostic de la maladie et d’initier la prise en charge thérapeutique (HAS 2007). La polyarthrite rhumatoïde est une situation rare pour le médecin généraliste mais il doit avoir les bons réflexes, c’est-à-dire reconnaitre les signes pouvant révéler une polyarthrite rhumatoïde et initier précocement la collaboration efficace avec le spécialiste. Il a été montré que ce dépistage précoce permettait d’améliorer le pronostic de la polyarthrite rhumatoïde.

3 - Le traitement

L’initiation et l’adaptation du traitement revient au médecin rhumatologue, en particulier pour ce qui concerne les traitements de fond, la corticothérapie et la prise en charge en rééducation. Le médecin généraliste peut par contre soulager le patient par des AINS et des antalgiques de niveau 1 et de niveau 2 essentiellement. Il doit éviter les antalgiques de niveau 3 dans cette maladie et éviter d’initier la corticothérapie sauf en cas d’urgence. Celle-ci masque souvent les symptômes et retarde le diagnostic de la maladie ou d’une poussée éventuelle.

4 - Le suivi du patient atteint de polyarthrite rhumatoïde

Le suivi doit s’effectuer conjointement entre le rhumatologue et le médecin généraliste. Le médecin généraliste doit vérifier que l’activé de la maladie soit bien contrôlée en particulier en se fondant sur les douleurs présentées par le patient et sur les gonflements articulaires ainsi que sur les paramètres biologiques d’inflammation (vitesse de sédimentation et C-reactive protéine). Parallèlement, le médecin généraliste en lien avec le rhumatologue doit vérifier la tolérance au traitement en dépistant les infections notamment mais en s’assurant également que le patient effectue bien les contrôles biologiques nécessaires pour la surveillance des traitements de fond.

5 - La gestion des comorbidités

Les comorbidités sont fréquemment associées à la polyarthrite rhumatoïde, que ce soit le diabète, les maladies cardiovasculaires, les hyper lipidémies, les syndromes dépressifs etc. Cette prise en charge revient essentiellement au médecin généraliste qui doit savoir les dépister et les traiter en partenariat avec d’autres spécialistes.

6 - Les aspects socio-professionnels de la polyarthrite rhumatoïde

Selon la règlementation actuelle, le médecin généraliste a un rôle de premier plan dans les démarches sociales et professionnelles. C’est à lui de rédiger les protocoles de soins afin d’obtenir que le patient bénéficie de l’exonération du ticket modérateur au titre de l’ALD30. Le protocole de soins doit normalement être effectué en partenariat avec le spécialiste. Toujours en partenariat avec le spécialiste, il va demander les procédures d’aménagement professionnel, solliciter les entretiens avec les assistants du service social, solliciter éventuellement des allocations, telle que l’allocation d’adulte handicapé, voire lorsque la maladie est fonctionnellement handicapante, une demande de mise en invalidité qui sera le plus souvent de catégorie 2.

En conclusion, le médecin généraliste a un rôle clé dans le dépistage précoce de la polyarthrite rhumatoïde, le référencement au rhumatologue et dans le suivi du patient en travaillant en étroite collaboration avec le spécialiste rhumatologue. Les rôles respectifs des 2 praticiens sont représentés sur le tableau.

Pr Bernard COMBE - Département de Rhumatologie Hôpital Lapeyronie